Les éditions Aouva présentent le livre L'amour s'envole, les enfants restent et le guide pour enfants Y a pas que toi qui divorces ! par Nathalie Sennegon-Nataf.

Un avocat d'enfant
c'est quoi ?

Dans les divorces, les enfants ne sont pas partie au procès. Ils n’ont pas le droit de témoigner pour ou contre un de leurs parents. Mais parfois, pendant la procédure, le juge peut souhaiter entendre un enfant, avant de décider, par exemple, où cet enfant va habiter après la séparation de ses parents. Ce n’est pas l’enfant qui décide, mais le juge aux affaires familiales chargé du divorce ou de la séparation des parents.

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Un parent, les deux, ou même le juge peut demander la désignation d’un avocat d’enfants. Cet avocat d’enfants sera chargé de recevoir l’enfant, ou les enfants, de la même famille afin d’entendre ce que il a à dire et s’il a quelque chose à dire. En effet, cet enfant qui n’a pas forcément choisi d’avoir un avocat d’enfants peut très bien avoir envie de ne rien dire. C’est son droit le plus légitime.

Plusieurs enfants subissent les choix de leurs parents, y compris le fait d’avoir un avocat, alors qu’ils ne veulent pas être mêlés aux affaires de leurs parents, et que tout ça les impressionne et les embête. Dans ce cas, l’avocat d’enfants qui a pour mission de « transmettre la parole de l’enfant » dira au juge que l’enfant a choisi de ne pas s’exprimer.

Inversement, si l’enfant souhaite rencontrer le juge, parce qu’il a quelque chose à lui dire ou à lui demander, son avocat pourra peut-être obtenir son audition et même être à ses côtés, si cet enfant est entendu par le juge…

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Il faut, à ce stade, bien comprendre que, si les parents entre eux peuvent du jour au lendemain décider de ne plus s’aimer, voire dans certains cas de se détester, ils sont, eux, dans un rapport amoureux. Autrement dit, s’il n’est pas si difficile que ça, pour des adultes, de changer de femme ou de mari à un moment de leur vie, il n’est pas possible pour un enfant de « changer de père ou de mère » ! C’est pour cela que les gens de justice, aussi bien les juges que les avocats qui traitent d’affaires familiales,ont pour mission commune de laisser les enfants en dehors de tout conflit qui concerne exclusivement les parents. C’est aussi pourquoi il est interdit par la loi de se servir du témoignage de son enfant pour combattre son conjoint dans une procédure de divorce.

Malgré cela, en pratique, on peut s’apercevoir que beaucoup d’enfants sont « utilisés », parfois inconsciemment par leurs parents, qui sont tellement pris par le conflit de leur couple qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils entraînent leurs enfants avec eux… L’enfant doit alors, dans ces situations difficiles, trouver la force de dire qu’il ne veut pas être mêlé au conflit de ses parents, qui les regarde « eux » et ne le concerne pas « lui ». Mais cette force est souvent très difficile à trouver dans des conflits familiaux où les enfants vivent aussi leur quotidien.

Par contre, lorsqu’il y a violence envers les enfants, maltraitance ou abus sexuels, sans qu’il y ait forcément une séparation des parents, l’enfant peut porter plainte et, là, ce que dit l’enfant peut suffire à engager une procédure d’assistance éducative ou d’instance pénale, pour les cas les plus graves.